Animal



Gilles Desrozier est né à Paris en 1963. Non content d’y vivre, il y travaille…
À sept ans, comme tous les enfants, il joue à la guerre…
Il a beaucoup d’imagination. Par exemple, la mitrailleuse est avantageusement
remplacée par un pied photographique ; la barque utilisée pour traverser la rivière
infestée de crocodiles, c’est la grande cuvette du bain d’arrêt…
Il va beaucoup au cinéma et, après le film, inlassablement, il rejoue l’histoire.
Le soir, avant de s’endormir, il regarde sa collection de cartes postales scotchées au mur près de son lit, reproductions de grands peintres (surtout les impressionnistes).
Il observe aussi les taches du plafond, les imperfections du papier peint et voit des monstres, des visages étranges, des animaux…
Il n’aime pas l’école car on y apprend à lire et lui, il veut continuer à s’inventer des histoires
sur les planches de ses bandes dessinées préférées.
Il commence à toucher à cet objet intriguant. C’est une boîte qui permet de fabriquer une image…
Quelques années plus tard, on le retrouve « iconolâtre ».
Cette boîte qui permettait de fabriquer une image a évolué : elle traduit son imaginaire.
Il aime cette idée qu’une photographie puisse être le départ d’une autre aventure.
De ses voyages, il rapporte des prises de vue qui constituent ses archives. Il s’en servira
comme un peintre de ses croquis. Elles constituent les fondations de son travail.
Gilles Desrozier aime les situations inattendues, singulières, surprenantes.
Il ne voudrait pas qu’en regardant ses images on déclare : « La réalité dépasse la fiction ! »
Lui, il souhaite que la fiction devienne réalité.
La fiction, c’est faire léviter la réalité.
Pour rendre l’illusion crédible, il utilise deux logiciels : Photoshop et Photoretouch Pro.
Sa force est là : se servir de techniques photographiques de pointe sans négliger les critères picturaux.
Pieter de Hooch, Vermeer, Guardi… manipulaient la camera obscura, lui, il agrandit,
anamorphose, fusionne…
Adepte du sfumato du grand Léonard, il « dilue » souvent les contours de ses personnages, de ses objets pour les fondre dans le décor de l’œuvre.
Ces logiciels l’accompagnent également pour recomposer les ombres et les lumières de l’ensemble du montage. Pour paraphraser Henri Alekan, c’est cette chimie qui donne accès
à l’imaginaire.
Enfin, il faudrait citer cette règle d’or qu’il s’impose dans ce genre photographique : « Connaître la technique à fond et savoir l’oublier pour servir l’émotion. »